Et si la rentrée était aussi celle de votre couple ?
Par Marylise Richard
Septembre est là et, avec lui, cette drôle d’impression que tout doit redémarrer en même temps: les cartables, les inscriptions, les activités, le travail qui reprend son rythme et les agendas qui se remplissent. À peine les valises rangées, la machine du quotidien semble déjà relancée. Et notre couple dans tout cela ?
Avant de foncer tête baissée dans l’organisation de cette nouvelle année, une question mérite peut-être d’être posée : qu’avez-vous envie de garder de notre été ? Plus de temps à deux, une certaine légèreté ou façon de faire équipe. Rien ne nous oblige à ranger tout cela avec les affaires de vacances en attendant l’été prochain.
Car si la rentrée peut mettre le couple sous tension, elle peut aussi devenir une belle occasion de regarder son fonctionnement et de se demander, ensemble, ce que l’on aimerait faire différemment cette année.
Et si ce n’était pas votre couple qui allait mal ?
Dès les premières semaines de septembre, une petite phrase revient facilement : « On ne se voit plus. » Avec elle peut apparaître le sentiment que quelque chose s’est dégradé entre nous. Pourtant, ce n’est pas nécessairement le couple qui pose problème. C’est parfois simplement tout son environnement qui vient de changer. Les horaires de travail évoluent, les enfants changent de classe, les activités ne sont plus aux mêmes heures et de nouvelles contraintes apparaissent. Il suffit que quelques éléments bougent pour que l’équilibre trouvé jusque-là ne fonctionne plus aussi bien.
C’est là que nous pouvons facilement nous tromper : nous essayons de continuer comme avant alors que notre réalité, elle, a changé. Plutôt que d’interpréter immédiatement les tensions de septembre comme le signe que le couple va moins bien, la rentrée peut donc être l’occasion de remettre les choses à plat. Qu’est-ce qui a changé cette année ? Qu’est-ce qui fonctionnait jusque-là mais devient compliqué ? Et que devons-nous réinventer pour que notre organisation corresponde davantage à notre vie aujourd’hui ?
Ne pas attendre de l’autre qu’il devine
La rentrée a également ce talent particulier pour faire ressortir toutes ces petites attentes dont nous n’avions jamais vraiment parlé. Qui pense aux inscriptions ? Qui prend les rendez-vous ? Qui anticipe les activités ? Et, puisqu’il est question du couple, qui pense à proposer un dîner, à trouver une baby-sitter ou simplement à prévoir un moment à deux ?
Dans notre tête, la réponse peut sembler évidente. Nous fonctionnons tous avec de petits scénarios intérieurs : s’il pensait vraiment à moi, il proposerait quelque chose. Si elle voyait tout ce que je fais, elle prendrait davantage le relais. Normalement, il devrait savoir que j’ai besoin d’aide. Lorsque l’autre ne répond pas à ce scénario dont il ignore parfois totalement l’existence, nous pouvons rapidement conclure qu’il ne fait pas d’effort, qu’elle ne nous soutient pas ou que nous ne comptons pas suffisamment.
Alors, plutôt que d’attendre que l’autre devine, pourquoi ne pas profiter de septembre pour mettre des mots sur ce dont chacun a besoin ? Qu’est-ce qui me permettrait de me sentir soutenu cette année ? De quoi ai-je besoin pour me sentir bien dans notre couple et dans notre famille ?
Chercher l’équité plutôt que compter les points
Impossible de parler de rentrée sans parler de tout ce qu’elle ajoute à la fameuse charge mentale. Anticiper, chercher les différentes possibilités, décider, inscrire, vérifier que tout est bien fait. Derrière une simple activité extrascolaire se cachent parfois des heures d’organisation invisibles. Face à cette accumulation, la tentation peut être grande de vouloir tout partager parfaitement : 50 % pour l’un, 50 % pour l’autre. Sur le papier, l’idée semble juste. Dans la réalité d’une relation, elle peut rapidement se transformer en comptabilité où chacun commence à compter ce qu’il a fait et ce qu’il reste à l’autre. Or nous n’avons pas toujours les mêmes disponibilités ni la même énergie au même moment.
Il y aura des semaines où l’un pourra porter davantage parce que l’autre traverse une période professionnelle intense ou a simplement besoin de souffler. Quelques mois plus tard, l’équilibre pourra s’inverser. La question n’est donc peut-être pas uniquement de savoir si tout est parfaitement partagé, mais plutôt : est-ce que chacun se sent reconnu dans ce qu’il porte ? La répartition actuelle est-elle choisie ou subie ? Et surtout, peut-on en reparler lorsqu’elle ne convient plus ? L’organisation familiale n’a pas besoin d’être gravée dans le marbre. Elle doit pouvoir évoluer avec la vie.
Attention à ne pas devenir uniquement une équipe parentale
Il existe enfin un piège particulièrement courant en septembre : celui de beaucoup se parler sans vraiment se parler. Qui récupère les enfants ? As-tu répondu au mail de l’école ? Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? Peux-tu passer à la pharmacie ? À quelle heure est le judo mercredi ? La communication fonctionne à plein régime, mais elle est presque exclusivement consacrée à la logistique. Petit à petit, le couple devient une formidable équipe de coordination et l’espace conjugal disparaît derrière l’espace parental.
C’est peut-être là que la question posée au début prend tout son sens : qu’aimeriez-vous garder de votre été ? Peut-être ces moments où vous racontiez à l’autre les petits détails de votre journée. Ces conversations qui n’avaient aucune utilité particulière, sinon celle de rester proches. Cette promenade après le dîner ou cette habitude de vous demander vraiment comment vous alliez. Il n’est pas nécessaire d’attendre le prochain week-end en amoureux pour retrouver cela. Vingt minutes peuvent parfois suffire pour sortir de la logistique et redevenir simplement deux personnes qui s’intéressent l’une à l’autre.
Une rentrée réussie pour le couple n’est donc pas celle où tout est parfaitement organisé. C’est celle où chacun accepte que l’équilibre trouvé hier puisse avoir besoin d’être repensé aujourd’hui. Plutôt que de chercher l’organisation parfaite pour les mois à venir, donnons-nous le droit d’essayer, d’en reparler et d’ajuster. Ce qui fonctionne en septembre ne fonctionnera peut-être plus en octobre, et c’est justement pour cela que le dialogue doit rester ouvert.
20 minutes pour vous connecter à la rentrée
Avant que septembre ne vous emporte, accordez-vous 20 minutes à deux pour remettre votre couple au centre.
Demandez-vous simplement :
> Qu’avons-nous envie de garder
de notre été ?
> De quoi avons-nous besoin pour nous sentir soutenus cette année ?
> Quelle place voulons-nous vraiment réserver à notre couple ?
Trois questions pour ne pas seulement organiser votre rentrée, mais aussi choisir celle que vous avez envie de vivre à deux.